Étude Pretto x YouGov : 6 Français sur 10 préfèrent attendre une baisse des prix et des taux avant d’acheter

Quel est l’état d’esprit des Français après dix-huit mois de hausse des taux immobiliers ? Sans grande surprise, et même si les taux refluent depuis le mois de janvier, les acheteurs se disent pessimistes et préfèrent attendre avant de relancer leur projet. Côté vendeurs, l’heure est à la rénovation et la négo. Retour en chiffres sur notre étude menée avec l’institut YouGov.
Chat échaudé craint l’eau froide, dit le proverbe. Et il en va de même pour des milliers de Français qui, après avoir observé chaque mois l’augmentation en continu des taux immobiliers l’an dernier, ont vu leur pouvoir d’achat se faire grignoter. Entre l’été 2022 et la fin d’année 2023, les taux ont grimpé en moyenne de 2 points. Et les banques, frileuses à l’idée de prêter durant cette période, ont débouté plus d’un projet.
Mais ça, c’était avant. Depuis le mois de septembre, les conditions s’améliorent sur le marché du crédit. Mieux, les banques jouent aujourd’hui des coudes pour attirer les candidats au prêt, en revoyant leur grille de taux à la baisse et en faisant jouer la concurrence. Une excellente nouvelle si vous avez un projet d’achat.
Des Français encore pessimistes face au marché immobilier
Néanmoins, une partie des Français reste insensible à ces signaux positifs. Et nombreux sont ceux qui, marqués par la crise, préfèrent attendre encore que les choses s’améliorent. Ainsi, selon une étude menée par l’institut de sondage YouGov pour Pretto en février 2024, 6 Français sur 10 considèrent le marché actuel comme défavorable. Ils sont aussi 6 sur 10 à dire préférer attendre plutôt qu’acheter.
Un chiffre qui grimpe à 8 sur 10 chez les primo-accédants.
Au global, la moitié de ceux ayant un projet d’achat indique vouloir attendre une baisse de prix et/ou des taux pour accélérer leur projet.
A noter que l’impact de cette baisse des taux varie selon l’âge. Ainsi, parmi ceux qui ont un projet d’achat, 58 % soulignent que cela aurait un impact fort parmi les 35-44 ans, versus 47 % chez les 25-34 ans et seulement 35 % chez les 18-24 ans.
Un écart qui pourrait s’expliquer par un certain fatalisme chez les plus jeunes. Et par un surcroît d’exigences chez les plus âgés, qui ont pu connaître des cycles immobiliers de hausse et de baisse. Sans compter que chez les secundos-accédants, la perspective de souscrire un crédit à un taux plus élevé que pour son premier achat immobilier peut exercer une influence sur son projet.
L’étude souligne également que parmi les primo-accédants, 55 % se disent sensibles aux mesures du gouvernement afin de faciliter l’accès à la propriété (comme le PTZ).
Des vendeurs prêts à négocier et à rénover pour mieux vendre**
Dans ce contexte attentiste, les vendeurs se montrent plutôt pragmatiques. Ainsi, près de la moitié (48 %) de ceux qui ont un projet de vente dans les 12 mois se disent prêts à négocier le prix. Un chiffre qui confirme de précédentes études. Ils privilégient en revanche une baisse par l’intermédiaire d’une négociation avec l’acheteur, avant de revoir directement le prix de vente affiché. Voilà qui confirme que c’est le moment où jamais de tenter de négocier.
Un vendeur sur deux est également prêt à faire des travaux de modernisation ou de rénovation énergétique afin de mieux vendre, et ainsi d’éviter une trop grande baisse du prix. Logique quand on sait combien les acquéreurs ont besoin d’être rassurés et de se projeter dans le bien qu’ils envisagent d’acheter.
Pour tenter de créer un coup de cœur, ils sont donc nombreux à tenter le home staging (1 sur 2), voire à se lancer dans quelques travaux de rénovation énergétique (1 sur 3) afin d’améliorer le DPE de leur bien. Rien d’étonnant à cela, quand on sait que les passoires thermiques subissent des décotes en raison du coût important des travaux nécessaires à leur réhabilitation.
13 % des vendeurs interrogés se déclarent toutefois peu pressés et ne comptent pas saisir ces opportunités pour accélérer la vente de leur bien.
Le recours à un courtier plébiscité au vu du contexte
Dans un marché immobilier qui a du mal à redémarrer, nombreux sont les répondants à l’étude à indiquer que recourir à un courtier est aujourd’hui indispensable. Ils sont 4 Français sur 10, et même 7 sur 10 parmi les primo-accédants.
Des chiffres qui confirment le besoin de réassurance des acheteurs. Et qui rappellent l’intérêt de cet intermédiaire afin de dénicher les meilleures conditions de financement pour son projet. Dans un contexte où le pouvoir d’achat des acquéreurs a été mis à mal, le courtier tire son épingle du jeu en optimisant au mieux le dossier, allant chercher des opportunités pour faire baisser le coût du crédit (prêts aidés, dézonage…) et négociant le taux d’intérêt avec les banques.
Dans un contexte difficile, le courtier fait office de meilleur allié pour concrétiser son projet.
Les JO n’ont pas d’impact sur les projets d’achat des Français
Enfin, dernier point abordé par l’étude : l’influence de l’organisation des Jeux Olympiques de Paris 2024 sur le marché immobilier parisien. Surprise, si elle impacte la vie des habitants et travailleurs parisiens, elle n’a pas de conséquences sur les projets immobiliers dans la capitale. En effet, à peine 4 % des acheteurs préfèrent attendre la fin des JO pour acheter. Leur décision dépend bien plus des facteurs économiques et financiers que d’un éventuel “effet JO”.
Conditions de l’étude : enquête Pretto x YouGov, menée du 20 au 22 février derniers auprès de 2 000 répondants représentatifs de la population française.
Mis à jour le 12 novembre 2025