Tiny house, Love Room, roulotte… Ils investissent dans des biens atypiques

Dans un marché immobilier parfois jugé morose ou inaccessible, certains investisseurs choisissent de faire un pas de côté en cédant à l’appel de l’originalité ! Tiny houses, roulottes, love rooms… Ces biens insolites séduisent de plus en plus, que ce soit pour y vivre, compléter ses revenus ou simplement miser sur la différence !
La tiny house : liberté avant tout !
Avant de lancer son entreprise Baluchon en 2016, Laëtitia a voulu expérimenter le concept tiny house pour elle-même : elle a construit sa propre petite maisonnette, à la main, en 2014. « Je voulais devenir propriétaire sans acheter une grande maison ni m’endetter à vie », explique-t-elle. Cette première expérience d’auto-construction a posé les bases d’une aventure entrepreneuriale pionnière — Baluchon fut la deuxième société en France à se lancer dans ce secteur.
Depuis, une centaine de projets ont vu le jour. Les clients ? « De tout âge : des jeunes actifs qui n’ont pas envie d’un crédit sur 30 ans, des retraités qui veulent une maison simple et écologique, parfois même des familles avec enfants », détaille Laëtitia. Le point commun reste le désir d’un logement abordable, facile à entretenir et respectueux de l’environnement.
En revanche, le secteur attire peu les investisseurs. « Sur une centaine de projets, à peine cinq ont été réalisés pour du locatif », précise-t-elle. La raison est simple : « Nous construisons des modèles sur mesure, avec des matériaux de qualité, donc un peu coûteux. Les gens qui veulent faire de la location cherchent plutôt du bas de gamme, plus rentable à court terme. »
Côté prix, une tiny house clé en main coûte entre 85 000 et 100 000 € TTC. Pour réduire la facture, certains choisissent des modèles « hors d’eau, hors d’air », à 50 000 €, qu’ils finissent eux-mêmes. Mais le financement reste le nerf de la guerre : « Comme ce ne sont pas des biens immobiliers, les banques refusent d’accorder un prêt classique. Les acheteurs doivent recourir à un crédit à la consommation ou auto, plus cher et plus court. » Résultat : ce type d’habitat s’adresse souvent à des personnes ayant un peu d’épargne de côté.
Reste la question réglementaire. « Il n’y a pas de statut clair. Chaque commune décide au cas par cas si elle accepte une tiny house ou pas. À cinq kilomètres près, la réponse peut être complètement différente », souligne Laëtitia. Elle milite pour la création d’un cadre légal et d’une taxe foncière adaptée : « Les habitants ne veulent pas échapper à l’impôt, ils veulent simplement contribuer et être intégrés. »
La Love Room : rentabilité glamour
À Bordeaux, Noémie, architecte d’intérieur, s’est fait une spécialité des Love Rooms. En quelques années, elle en a conçu une vingtaine. « On imagine de véritables bulles pour deux, avec balnéo, sauna, décors thématiques… L’idée est de déconnecter les couples de leur quotidien, même en plein centre-ville », explique-t-elle.
Ces lieux ne sont pas aménagés dans de simples appartements, mais dans des locaux commerciaux transformés en hébergements touristiques. Une astuce qui permet de contourner les restrictions sévères pesant sur les locations type Airbnb dans les grandes villes. « À Bordeaux, c’est impossible de multiplier les meublés touristiques classiques. Mais en passant par des locaux commerciaux, on reste dans les clous. »
Les profils d’investisseurs sont variés : de jeunes couples de la trentaine en quête d’un premier projet, des chefs d’entreprise qui diversifient leur patrimoine… et tous ont un argument en tête : la rentabilité. Le ticket moyen d’une nuitée est de 150 à 180 €, parfois agrémentée d’options (champagne, panier gourmand, décoration personnalisée). Et le remplissage impressionne : « Nos clients tournent en moyenne à 28 nuitées par mois, soit quasiment complet toute l’année. »
Mais ce succès suppose une logistique bien huilée. Trois quarts des investisseurs font appel à une conciergerie pour gérer le ménage, le linge et l’accueil des clients. Les banques, elles, restent parfois frileuses. « Elles ne comprennent pas toujours le modèle, parce qu’il ne s’agit ni tout à fait d’habitation ni d’hôtellerie. J’ai déjà dû expliquer qu’à Bordeaux, ce type d’exploitation est parfaitement légal pour débloquer un dossier. »
Au final, ceux qui se lancent ne regrettent pas. « La plupart des primo-investisseurs finissent par créer une deuxième Love Room », note Noémie. Preuve que ce marché de niche est en train de trouver sa place !
La roulotte : l’authenticité sur roues
Plus champêtre mais tout aussi séduisante, la roulotte attire de nouveaux adeptes. Longtemps associée à l’univers du cirque ou du voyage bohème, elle s’impose désormais comme une alternative originale aux gîtes ou aux chambres d’hôtes classiques. Avec son look rétro et son confort modernisé, elle séduit les vacanciers en quête d’expériences insolites !
Côté budget, comptez environ 40 000 € pour une roulotte « clé en main », équipée d’une cuisine, d’une salle d’eau et bien isolée, selon le constructeur Green’House. Un ticket d’entrée beaucoup plus accessible qu’un appartement classique. Toujours selon le constructeur, la rentabilité peut être au rendez-vous : les hébergements insolites affichent souvent des taux d’occupation autour de 75 %, avec un rendement brut estimé entre 15 et 20 %, nettement au-dessus de l’immobilier traditionnel. En pratique, cela permet d’espérer un retour sur investissement en cinq à six ans, si la roulotte est bien placée et bien gérée !
« C’est un hébergement qui plaît énormément : les familles recherchent l’authenticité, les couples apprécient le côté romantique », confirme un article spécialisé du site Tourisme Hekipia. Et certains n’hésitent pas à l’exploiter à l’année : « J’ai installé une roulotte dans mon jardin pour la louer à des étudiants. Elle est remplie neuf mois sur douze, et je n’ai jamais eu de souci de vacance locative », raconte un propriétaire.
Biens atypiques : 5 bonnes raisons d’investir autrement !
- C’est moins cher à l’achat
Ces biens — cabanes, bulles, roulottes, péniches — coûtent souvent beaucoup moins cher à l’achat qu’un logement classique, car non considérés comme résidentiels standards !
- C’est mignon tout plein
Leur originalité séduit immédiatement les voyageurs en quête d’évasion. Offrant une véritable expérience (dormir dans une bulle, une roulotte ou une cabane dans les arbres), ils créent une forte émotion — un avantage marketing majeur.
- C’est rentable
Selon une analyse d’Horiz.io, les hébergements atypiques affichent en location saisonnière un taux d’occupation autour de 75 %, avec une rentabilité brute comprise entre 15 % et 20 %. Des chiffres nettement supérieurs à ceux observés dans la location classique longue durée.
- C’est valorisable à la revente
Nombre de ces biens, en dépit de menus travaux ou d’un certain manque de standing “classique”, offrent une vraie marge de revalorisation. Une cabane bien rénovée ou une péniche stylée peut se revendre à prix premium — surtout dans le segment "expérience de luxe"
- Mais… (parce qu’il y a toujours un mais)
Ce type d’investissement demande un véritable suivi : comme toute location de courte durée, il faut gérer les réservations, le ménage, le linge… ou déléguer à une conciergerie, ce qui réduit la marge. Les contraintes d’installation existent : certaines communes imposent des règles strictes (permis, déclarations), notamment pour les habitats mobiles comme les tiny houses ou les roulottes.
Mis à jour le 5 janvier 2026