Rénovation énergétique

Passoires thermiques : pourquoi tant de propriétaires choisiront l'illégalité en 2025

Catherine Brezeky
Catherine BrezekyMis à jour le 12 novembre 2025
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C'est un constat qui en dit long sur la crise du logement. Selon une étude Guy Hoquet, plus d'un quart des propriétaires de passoires thermiques se disent prêts à défier la loi en 2025. On vous explique.

Le grand écart entre la loi et la réalité

Depuis le 1er janvier 2025, la location des logements classés G est interdite sans rénovation préalable. Une décision prise avec l’intention louable d’encourager l’amélioration des performances énergétiques du bâti français, mais qui fait grincer des dents.

En effet, sans surprise, entreprendre ce genre de travaux coûte cher et beaucoup de propriétaires ont pris du retard en la matière. Alors, face à l’obligation légale de rénover pour louer, certains font un choix radical. "27% vont continuer à louer sans travaux, 40% prévoient de vendre et 7% envisagent de laisser leur bien vacant", révèle une étude menée par le réseau d’agences immobilières Guy Hoquet. Un cocktail explosif pour le marché locatif.

Pourquoi une telle résistance ?

La réalité du terrain explique cette fronde. Premier obstacle : le coût des travaux, souvent élevé. Avec un reste à charge moyen de 20 000 euros après aides (aides qui ont elles-mêmes tendance à baisser en cette rentrée 2025), la facture reste salée pour de nombreux propriétaires, particulièrement les plus âgés.

"23% des propriétaires de logements classés F ou G ont plus de 80 ans", rappelle Loïc Cantin, président de la FNAIM. Une population peu encline à s'engager dans des rénovations d'ampleur.

Et beaucoup se disent peu informés sur les conséquences de la mise en location d’un logement G. Ils sont plus de 40% à ignorer le montant des amendes à la clé (jusqu’à 3 000 euros).

Une situation qui reflète un échec dans l'accompagnement des propriétaires. Entre complexité des aides et manque de pédagogie, la transition énergétique peine malheureusement à convaincre. Et ce au détriment des locataires.

Les conséquences sur le marché

Cette résistance massive aura forcément des répercussions importantes :

  • pour les locataires, une tension accrue sur l'offre, avec 47% des biens qui pourraient sortir du marché (vente ou vacance). Pas l’idéal dans un marché de la location déjà très tendu, où beaucoup peinent à trouver à se loger.
  • pour les propriétaires, un risque juridique et financier croissant, entre amendes et potentiels conflits avec leurs locataires.
  • pour le marché : une probable augmentation des ventes forcées, qui pourrait peser sur les prix dans certains secteurs. Et une recrudescence de passoires thermiques sur le marché, ce qui pourrait néanmoins faire le bonheur d’investisseurs et de particuliers prêts à se retrousser les manches.

Comment sortir de l'impasse ?

"Le marché locatif est en majorité un marché de particulier à particulier", rappelle Delphine Herman de Guy Hoquet. La solution passe par un meilleur accompagnement des propriétaires.

Notre conseil : si vous êtes propriétaire d'une passoire thermique, n'attendez pas pour agir. Les solutions de financement existent, et une rénovation bien pensée peut valoriser votre bien tout en sécurisant vos revenus locatifs.

Cette situation révèle toutefois les limites d'une transition énergétique imposée sans moyens suffisants. Entre objectifs environnementaux et réalités économiques, le secteur immobilier traverse une période délicate qui nécessite des réponses adaptées.

Vous êtes propriétaire d'un bien énergivore ? Nos experts Pretto peuvent vous aider à construire un plan de financement sur mesure pour vos travaux de rénovation. Entre prêts travaux, aides publiques et solutions innovantes, des options existent pour éviter l'illégalité tout en préservant votre patrimoine.


Mis à jour le 12 novembre 2025

Catherine Brezeky
Catherine BrezekyLead Content chez Pretto
Diplômée en histoire et d'un master professionnel de journalisme à l'École Supérieur de Journalisme Paris (ESJ), Catherine se spécialise très tôt dans les médias web et le SEO. Elle débute sa carrière au sein de rédactions digitales, notamment chez CCM Benchmark, où elle traite de sujets de société, consommation, bien-être, santé et tendances. Au sein du groupe Webedia, elle pilote une rédaction avec d'importants enjeux d'audience, développe des formats éditoriaux et vidéo pour les réseaux sociaux, et mène des projets brand content en partenariat avec des marques du secteur du luxe. En 2023, elle rejoint Pretto avec un nouveau défi : comprendre et vulgariser les rouages du crédit immobilier, en conciliant exigence journalistique, stratégie de marque et performance digitale.
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