Taxes propriétaire

Et si le statut de bailleur privé était la solution pour sortir de la crise immobilière ?

Catherine Brezeky
Catherine BrezekyMis à jour le 22 septembre 2025
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Et si la clé pour desserrer l’étau de la crise du logement venait de filer entre nos doigts ? Avant sa démission officielle le 9 septembre, François Bayrou avait promis d’inscrire dans sa déclaration de politique générale un tout nouveau statut fiscal pour les bailleurs privés. Attendu depuis des années, il avait, sur le papier, de quoi redonner envie aux particuliers — aujourd’hui refroidis par les impôts et les contraintes — d’investir dans la pierre.

Un maillon indispensable du logement

Depuis deux ans, le marché traverse une zone de turbulences : construction neuve en panne, loyers en hausse, offre locative qui se rétracte. Dans ce contexte, les propriétaires particuliers jouent un rôle majeur. Mais beaucoup désertent.

Pourquoi ?

  • Une fiscalité décourageante. Les loyers sont taxés comme des revenus fonciers, soumis à l’impôt sur le revenu (jusqu’à 45 %) et aux prélèvements sociaux (17,2 %). Concrètement, un bailleur imposé à 30 % peut voir près de la moitié de ses loyers partir en impôts et charges.
  • Des règles qui se durcissent. Entre audits énergétiques obligatoires et interdiction progressive de la location des passoires thermiques, les contraintes autour du diagnostic de performance énergétique (DPE) qui imposent des travaux souvent coûteux, difficiles à amortir avec les loyers.
  • La peur des impayés. Entre procédures longues pour récupérer un logement squatté et une augmentation des loyers impayés, nombre de propriétaires préfèrent renoncer.

Ce que Bayrou avait en tête

Le rapport parlementaire Daubresse–Cosson, qui a inspiré le projet, proposait un arsenal de mesures fiscales pour relancer l’investissement :

  • Amortissement fiscal de 4 à 5 % par an, avec bonus pour les loyers abordables.
  • Micro-foncier revalorisé : abattement de 50 % jusqu’à 30 000 € de revenus.
  • Exonération de l’IFI (Impôt sur la fortune immobilière) pour les logements loués en longue durée.
  • Réduction du délai d’exonération des plus-values à 20 ans. au lieu de 22 ans actuellement.
  • Déficit foncier boosté (mesure fiscale pour encourager les propriétaires bailleurs à réaliser des travaux de rénovation énergétique dans leurs logements), relevé de 10 700 à 40 000 €.

Une promesse stoppée en plein vol

Problème : ce statut devait être officialisé le 8 septembre dans la déclaration de politique générale. Mais François Bayrou a perdu son vote de confiance le jour même, puis démissionné le lendemain. Résultat : le projet est resté en suspens.

Pourtant, l’urgence reste la même. Sans bailleurs privés, l’offre locative risque de s’effondrer encore davantage alors que la France fait face à une crise du logement qui s’aggrave année après année.

Pourquoi cette réforme reste nécessaire

Le statut fiscal du bailleur privé répond pourtant à trois urgences :

  1. Redonner de l’attractivité à l’investissement locatif.Comme le souligne la Ministre chargée du Logement Valérie Létard, « les Français voient de moins en moins l’intérêt d’investir dans la pierre ». Fiscalité lourde, règles changeantes et contraintes énergétiques ont rendu le marché peu séduisant.
  2. Installer un cadre fiscal clair et stable.L’idée est d’inscrire ce statut dans la loi de finances 2026, pour offrir de la visibilité aux investisseurs, au lieu d’une succession de dispositifs temporaires.
  3. Réorienter l’épargne des ménages vers le logement.

L’investissement locatif servait souvent à préparer sa retraite, mais certains avantages fiscaux — comme ceux du LMNP (location meublée non professionnelle), alourdis par la loi de finances 2025 — se sont érodés.

La chute du gouvernement Bayrou a transformé une promesse pour les bailleurs privés en incertitude. Mais inutile de céder au pessimisme : le débat est lancé, et plusieurs mesures pourraient revenir dès le budget 2026. Aux investisseurs de rester attentifs, la pierre pourrait redevenir un placement attractif… si le prochain gouvernement passe enfin à l’action !


Mis à jour le 22 septembre 2025

Catherine Brezeky
Catherine BrezekyLead Content chez Pretto
Diplômée en histoire et d'un master professionnel de journalisme à l'École Supérieur de Journalisme Paris (ESJ), Catherine se spécialise très tôt dans les médias web et le SEO. Elle débute sa carrière au sein de rédactions digitales, notamment chez CCM Benchmark, où elle traite de sujets de société, consommation, bien-être, santé et tendances. Au sein du groupe Webedia, elle pilote une rédaction avec d'importants enjeux d'audience, développe des formats éditoriaux et vidéo pour les réseaux sociaux, et mène des projets brand content en partenariat avec des marques du secteur du luxe. En 2023, elle rejoint Pretto avec un nouveau défi : comprendre et vulgariser les rouages du crédit immobilier, en conciliant exigence journalistique, stratégie de marque et performance digitale.