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Témoignages : comment la “Gen Z” envisage-t-elle son avenir immobilier ?

Catherine Brezeky
Catherine BrezekyMis à jour le 27 janvier 2026
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Entre rêve d’indépendance, contraintes économiques et aspiration à un mode de vie plus durable, la génération Z suit son propre chemin en matière de logement. Une trajectoire en zigzag, entre lucidité, flou et espoirs réinventés… Rencontre avec quelques-uns de ces jeunes pour mieux comprendre leur rapport à l'immobilier.

La Génération Z, ce sont ces jeunes nés entre 1995 et 2009 avec des nouvelles technologies bien ancrées dans leur quotidien et dont, bien souvent, ils ne peuvent se séparer. Certains sont encore étudiants, d’autres débutent dans la vie active, mais ont-ils déjà une vision claire de leur avenir immobilier ? Dans une réalité où la crise du logement côtoie la fluctuation du marché immobilier - alors que ce dernier vit peu à peu de meilleurs jours -, nous avons voulu savoir comment les jeunes de la "Gen Z" se projettent dans leur futur logement.

Une envie d’autonomie… confrontée à la réalité

À 20 ou 25 ans, l’envie d’avoir un "chez soi" reste forte. Selon une étude menée par YouGov en 2023, plus de 70 % des 18-34 ans considèrent qu’être propriétaire fait partie intégrante de leurs choix de vie (ils sont 76 % au sein des CSP+). Un chiffre révélateur, bien que les freins soient nombreux aujourd’hui comme les prix encore élevés des biens immobiliers, les taux qui restent aux alentours des 3 %... Néanmoins et parce qu’ils n’ont pas encore intégré la vie active, ils n’en mesurent pour l’instant pas totalement la portée. Il sont cependant capables de percevoir l’immobilier comme une valeur refuge qui les rassure et serait l’aboutissement de leur réussite professionnelle.

Selon Carla, 24 ans et originaire de Gironde, acheter est une priorité dans la vie. Selon elle, plus tôt elle investira dans un bien, plus rapidement elle pourra le revendre pour envisager un logement plus grand et ainsi de suite. "J’aimerais éventuellement mettre mon bien en location plus tard, une fois que j’aurai une résidence principale ! Mais avant de posséder le bien qui me conviendra totalement, je commencerais idéalement par acheter un T2 ou un T3, peut-être même avec mon copain…"

Néanmoins, elle avoue "Je pense que c’est de plus en plus compliqué d’être propriétaire aujourd'hui. Avec les coûts élevés du quotidien et l’insécurité de certains emplois, avoir l’accord de prêt des banques est de plus en plus difficile. Dans mon cas, j’y crois puisque je suis kiné depuis peu et que c’est un métier qui connaît quasiment le plein emploi." Une idée pleinement partagée par Claire, 25 ans, elle aussi kinésithérapeute depuis peu.

Pour Corentin, 22 ans et Justine, 23 ans, être propriétaire tôt ou tard fait partie d’un parcours de vie qu’aucun ne met de côté. Justine, infirmière, explique que c’est même "rassurant" pour elle de pouvoir posséder un bien immobilier et Corentin, étudiant en études dentaires, y voit un "investissement rentable" pour son avenir.

Baptiste, 24 ans, en dernière année d’école de commerce et originaire du Lot-et Garonne, estime qu’un achat immobilier n'est pas une priorité, même s’il ne l’élude pas, "Je préfère d’abord obtenir une situation financière confortable et durable pour envisager de tels achats. Mais être propriétaire d’une maison représenterait une consécration pour le travail que j’ai fourni."

Il reste très prudent concernant son avenir immobilier, il s’est bien rendu compte que les prix du marché en France ont dernièrement pris une ampleur démesurée, "Enfin, tout dépend de la localisation du bien. Mais vivre aujourd’hui - et plus tard - avec les avantages que l’on a pu avoir au cours de notre jeunesse au sein du cocon familial me semble pour le moment utopique."

À presque 18 ans, Rafaël, jeune bachelier et futur élève en prépa à Saint-Cyr, préfère se dire qu’il achètera lorsqu’il aura suffisamment économisé, "même si c’est tard". "C’est trop compliqué d’acheter à 25 ans, même si je considère qu’avoir un ‘chez moi’ est un objectif de vie. Si un jour je suis propriétaire, ce sera un vrai accomplissement personnel !" Et des freins, en voit-il ? "Pour moi, tout le monde ne peut pas être propriétaire, c’est certain ! Je ne me projette pas encore totalement, on verra après mes études, mais je pense que je ne gagnerai de toute façon pas assez après pour pouvoir investir dans un bien immobilier."*

Une génération pas suffisamment informée sur ses possibilités immobilières

Si la Gen Z peine à accéder à la propriété - selon l’étude YouGov, 15 % des jeunes aimeraient mais ne peuvent pas -, elle ne l’élude pas, mais ne s’estime pas suffisamment informée. Génération hyperconnectée, les jeunes évoquent souvent les réseaux sociaux comme un canal d’information pour en connaître davantage sur l’immobilier, les taux ou le PTZ à l’instar de Carla et Justine.

Baptiste se dit intéressé s’il était invité par sa banque pour "affiner ma vision de l’immobilier. Lorsque nous n’y sommes pas directement confrontés ou que l’on n’étudie pas dans ce domaine, c’est souvent un sujet qui nous fait ni chaud ni froid - enfin, je parle pour moi…" C’est un jeune homme plutôt conscient des réalités qui touchent actuellement le marché de l’immobilier, il reste néanmoins très prudent lorsqu’il envisage son avenir.

Carla, de son côté, est "curieuse" et son intérêt serait grandement suscité si elle obtenait des informations "officielles" via les réseaux sociaux. "Je pense que ça me rassurerait davantage si un organisme de l’État communiquait sur les différentes possibilités qui peuvent amener les jeunes à acheter. Par exemple, je sais ce qu’est le prêt à taux zéro, mais le sigle PTZ ne me parlait pas, alors que c’est la même chose ! Dans notre quotidien, on est davantage happés par les réseaux, bien plus que si c’était un affichage public ou une brochure - même si j’avoue que je la prendrai certainement si elle m’incitait à investir -."

Justine évoque, elle aussi, l’éventualité de passer par les réseaux sociaux pour "en savoir un peu plus sur l’investissement immobilier, sur la somme à mettre de côté pour acheter en fonction de notre salaire ou du prix du bien, pour comprendre tout ce que le jargon de l’immobilier signifie comme DPE ou APL ou ce qu’il se cache derrière les frais d’acquisition…" Elle parle d’un "manque d’information" et d’une "méconnaissance" de ce domaine et de l’univers bancaire, "ou ce n’est peut-être simplement pas encore le moment pour moi de m’y intéresser…"*

Claire, elle, estime "ne pas être assez informée par les aides que les jeunes pourraient obtenir pour acheter". De fait, ce manque de renseignements n’incite pas forcément les jeunes à se lancer dans un achat immobilier.

Selon l’enquête YouGov, près de la moitié des jeunes de la Génération Z aimeraient investir dans l’immobilier - dont 52 % des hommes et 45 % des femmes - et ils sont 38 % à ne pas l’envisager. Est-ce pour autant que la location les attire ?

Et la location, y pensent-ils ?

Les cinq jeunes interrogés ambitionnent de devenir propriétaire tôt ou tard. Pour eux, la location resterait provisoire, jusqu’à ce qu’ils parviennent à épargner suffisamment pour acheter. Ce qui suivent encore des études vit en colocation ou dans un studio, car loin du domicile familial. En revanche, ceux qui les ont terminées reviennent souvent chez leurs parents, par manque de moyen et de choix

Corentin considère qu’être locataire toute une vie n’est pas un "bon investissement", même s’il reconnaît que "l’accession à la propriété est un luxe aujourd’hui, tout le monde ne peut pas se le permettre. Mais je ne me vois pas du tout locataire sur une longue durée, certainement parce que j’ai toujours vécu avec ce modèle devant mes yeux…"

Carla est sur la même longueur d’ondes, "Il vaut mieux payer la même somme de crédit à la banque et avoir la certitude de posséder un bien plutôt que de payer une somme qui disparaît dans la nature." La jeune femme reconnaît que revenir vivre chez ses parents est "plus confortable pour mes finances". Ce retour aux sources lui permet d’épargner jusqu’à obtenir "la somme idéale pour acheter un petit appartement, au moins 20 000 euros."

Rafaël, le plus jeune, est moins frileux à l’idée de louer, "au moins un temps, mais être propriétaire me permettra de me sentir vraiment chez moi pour faire les travaux que je veux !" S’il a une vague idée du monde de l’immobilier, ce n’est pas sa priorité qu’il accorde bien plus volontiers à son avenir professionnel. "Chaque chose en son temps, j’ai besoin de finir mes études, après, on verra !"

À travers les témoignages recueillis, un constat s’impose : la Gen Z aspire bel et bien à devenir propriétaire un jour, que ce soit dans quelques années ou bien plus tard. Mais leur ambition se heurte à une réalité économique complexe, parfois abstraite : l’achat reste un horizon lointain, surtout tant que leurs études ne sont pas terminées ou qu’ils n’ont pas assez économisé pour un premier achat immobilier. Si les enquêtes réalisées par les différents organismes évoquent un intérêt croissant pour des formes d’habitat alternatives – tiny houses, habitat partagé, colocation choisie – les jeunes que nous avons interrogés continuent de rêver, majoritairement, d’un logement traditionnel : une maison individuelle, au calme, avec jardin. Un idéal encore bien ancré qui devra sans doute être nuancé et s’adapter, tôt ou tard, aux contraintes du monde de l’immobilier auquel ces jeunes finiront par être confrontés…


Mis à jour le 27 janvier 2026

Catherine Brezeky
Catherine BrezekyLead Content chez Pretto
Diplômée en histoire et d'un master professionnel de journalisme à l'École Supérieur de Journalisme Paris (ESJ), Catherine se spécialise très tôt dans les médias web et le SEO. Elle débute sa carrière au sein de rédactions digitales, notamment chez CCM Benchmark, où elle traite de sujets de société, consommation, bien-être, santé et tendances. Au sein du groupe Webedia, elle pilote une rédaction avec d'importants enjeux d'audience, développe des formats éditoriaux et vidéo pour les réseaux sociaux, et mène des projets brand content en partenariat avec des marques du secteur du luxe. En 2023, elle rejoint Pretto avec un nouveau défi : comprendre et vulgariser les rouages du crédit immobilier, en conciliant exigence journalistique, stratégie de marque et performance digitale.
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