Cet acteur clé prédit une hausse des taux en 2026 et voilà pourquoi

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Mis à jour le 31 juillet 2025 – Vos revenus sont le principal facteur qui fait varier le taux d’intérêt.

Taux du marché observés par Pretto.

Depuis quelques mois maintenant, les taux immobiliers évoluent avec au-dessus de leur tête une épée Damoclès : le contexte géopolitique et économique mondial. Entre les décisions du président des États-Unis qui ont entraîné un léger sursaut des taux d’emprunt au printemps et l’impasse actuelle sur le déficit public en France, à quoi doit-on s’attendre dans les prochains mois ? Décryptage.

En 2026, une année de hausse ?

Selon la toute dernière analyse de l’Observatoire Crédit Logement/CSA, les taux immobiliers pourraient repartir à la hausse en 2026. "Pour 2026, nous pensons que l'environnement macroéconomique va accompagner une remontée des taux des crédits immobiliers" a expliqué Michel Mouillart, professeur d’économie et porte-parole de l’Observatoire, lors de la présentation du 17 juillet.

Alors que l’année 2025 “retrouve des couleurs” les intentions d’achat reculent et la situation politique et économique reste incertain. Dans ce contexte, la stabilité actuelle des taux pourrait n’être qu’une parenthèse, avant un possible rebond dès l’an prochain pour atteindre 3,40% selon le professeur d'économie.

Serrer la vis du budget

Il y a des refrains qu’on préférerait ne pas entendre à nouveau, et le budget 2026 de l’État français en fait clairement partie. L’an dernier déjà, les débats avaient été particulièrement tendus, jusqu’à se conclure par la censure du gouvernement Barnier.

Alors, quand le premier ministre François Bayrou a lancé, l’air grave, son “moment de vérité” le 15 juillet dernier, tout le monde a retenu son souffle. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ses propositions pour atteindre l’objectif de réduction de 43,8 milliards d’euros du déficit public n’a ravi ni l’opposition, ni les syndicats, qui menacent de rejeter le texte en l’état actuel et d’appeler à la mobilisation. Ambiance.

Un contexte qui ne rassure pas les établissements bancaires sur plusieurs points. Car combler la dette publique implique de faire des économies et de trouver des recettes supplémentaires. Traduction : hausse des impôts pour certains, réduction des aides publiques pour d’autres. Ce qui risque de causer un ralentissement de la consommation et de l’investissement. Et forcément, les banques suivent ça de près, car des emprunteurs fragilisés économiquement, c’est plus de risques à gérer pour elles.

Et ce n’est pas tout. Le gouvernement français est maintenant dans le viseur des agences de notation, qui évaluent la capacité du pays à rembourser sa dette. Si la réponse apportée par le gouvernement ne les satisfait pas, le couperet pourrait tomber : une dégradation de la note de la France, qui ferait monter les taux sur le marché.

“Ce sera tout ?” Pas tout à fait. Le discours de François Bayrou a montré, une fois de plus, combien son gouvernement actuel est contesté, et suscite les tensions sociales - avec des appels à manifester à la rentrée. Rien ne présage que le budget soit accepté directement, et des modifications et des blocages sont à prévoir. Or l’instabilité rime avec impact économique. Pas de quoi réjouir les banques, qui redoutent l’incertitude politique.

D’ailleurs, celle-ci ne se cantonne pas à nos frontières.

La géopolitique dans l'échiquier

Côté international, les sources d'inquiétude non plus ne manquent pas. À commencer par la guerre en Ukraine qui se poursuit, alors même que les débuts des combats avaient causé la flambée des taux. Aujourd’hui, le conflit continue de peser sur l’écosystème politique européen.

Tout comme les tensions entre les États-Unis et la Chine, qui affectent le commerce mondial. Les deux pays se sont lancés dans une course aux ressources stratégiques (dont les terres rares), développant leur chaîne d’approvisionnement, qui nécessite des investissements publics massifs… en contradiction avec les efforts de rigueur budgétaire.

Sans oublier l’augmentation des droits de douane (taxes prélevées sur les produits importés par les Etats-Unis) prévue au 1er août prochain. Or, la France reste très dépendante des échanges extérieurs, et cette augmentation est un risque économique et donc budgétaire indirect. Pas de quoi rassurer les banques.

Acheter ou attendre ?

Si le contexte actuel n’est pas des plus réjouissants, il y a tout de même une bonne nouvelle : les taux ont reculé en moyenne de 1,5 point depuis l’année dernière. De quoi donner un souffle nouveau sur le pouvoir d’achat immobilier des Français, avec une reprise timide mais réelle de la production de crédit.

Si les professionnels espéraient de plus nettes évolutions, la baisse et la stabilisation des taux permettent déjà à beaucoup de concrétiser leur projet d’achat. Dans un climat aussi incertain, attendre n’est pas forcément la stratégie la plus sage. On ne peut pas prédire si les taux continueront de baisser, mais une chose est sûre : les taux actuels offrent déjà de belles opportunités pour passer à l’action.

La vigilance est donc de mise autant pour les acheteurs que pour les investisseurs. Jusqu’ici, dans un contexte déjà incertain, les taux sont descendus (pas aussi vite que le marché l’espérait début 2024) et stagnent maintenant depuis plusieurs mois. Signe que l’on peut tout de même concrétiser ses projets immobiliers même avec prudence.


Mis à jour le 1 avril 2026

Charlotte Papin
Charlotte PapinCheffe de projet éditorial
Diplômée d'un Mastère en communication et certifiée en rédaction web et stratégies SEO et GEO (Generative Engine Optimization), Charlotte s'est spécialisée dans la production de contenus et la gestion de projets éditoriaux. Elle évolue depuis 5 ans dans les secteurs bancaire et financier, notamment chez BNP Paribas et la Sofiap où elle a découvert de l'intérieur les mécanismes du crédit. Son parcours l'a également menée au Canada, où elle a piloté la promotion de la littérature francophone. Ces expériences ont façonné sa manière d'aborder l'information et cultivé son goût pour la pédagogie.