Crise politique : un nouvel obstacle pour la reprise du marché immobilier ?

Vendeurs et acheteurs semblaient depuis le début de l’année avoir retrouvé le chemin des agences immobilières. Mais cette récente embellie du marché immobilier, après de longs mois de turbulences, est peut-être menacée. Le contexte politique actuel va-t-il entraîner une baisse des transactions ?
L’incertitude politique, un frein pour le marché
Depuis janvier 2025, les voyants passaient peu à peu au vert. La baisse progressive des taux a encouragé de nombreux ménages à lancer leur projet immobilier. Résultat : un volume attendu autour de 925 000 ventes sur l’année 2025, soit +8,2 % par rapport à 2024 (Source SeLoger/Meilleurs Agents). Une dynamique qui reflétait en début d’année une volonté réelle des acheteurs de profiter de conditions favorables, après plusieurs mois de prudence.
Mais cette reprise prometteuse reste fragile : l’immobilier n’aime pas l’incertitude, et le climat politique actuel pourrait freiner l’élan actuel. Remaniements gouvernementaux, incertitudes budgétaires et instabilité politique française pèsent sur la confiance des acheteurs, des banques et des investisseurs :
- L’OAT à 10 ans (obligations assimilables du Trésor, l’obligation d’État française à échéance 10 ans servant de référence pour le coût de la dette du pays), passée de 3,2 % à la mi-juin à 3,5 % cet été, alourdit également le coût du crédit : en effet, les banques s’appuient sur l’OAT comme indicateur du prix auquel elles peuvent se financer à long terme.
- Dans le même temps, la Banque centrale européenne a suspendu ses baisses de taux directeurs après huit réductions consécutives.
- La chute du gouvernement Bayrou début septembre a ajouté un facteur supplémentaire d’incertitude.
Une reprise qui reste solide
Malgré l’instabilité politique, le poids de la dette publique et l’absence de cap clair sur la politique du logement, le marché immobilier montre des signes de résilience. La reprise, bien que ralentie, devrait se poursuivre progressivement en 2026, même si le rythme pourrait être moins soutenu qu’anticipé.
Preuve que la demande reste solide et adaptable, entre 2023 et 2025, le nombre de simulations de prêts sur Pretto est passé de 67 964 à 77 848: l’envie d’acheter demeure forte malgré le contexte économique et politique. L’apport moyen a légèrement augmenté (66 000 à 67 540 €) et l’âge moyen des emprunteurs est passé de 34 à 35 ans, signe également que certains ménages prennent plus de temps pour se constituer un apport ou adoptent une posture plus prudente dans le contexte actuel.
Dans les grandes villes dynamiques où la location est difficile, comme Paris ou en province, comme à Rennes, la crise politique n’entame pas l’attractivité. Paris enregistre ainsi une hausse de 18 % des simulations et Rennes de 45 % entre 2023 et 2025 (données Pretto).
Marché immobilier : les experts restent optimistes
Sur le terrain, les professionnels restent confiants. Pour Yann Dupriez, directeur d’agence Orpi dans le Nord, l’impact du climat politique actuel reste limité. « Lors de la dissolution en 2024, c’était un calme plat pendant plusieurs semaines. Dès que les élections sont passées, le marché est reparti », rappelle-t-il. La situation actuelle n’a pas le même effet paralysant : « Aujourd’hui, les appels sont là, on fait des estimations, les acquéreurs sont présents. » Un signe que la demande reste bien réelle et continue de soutenir le marché !
Certes, la reprise reste ralentie et moins soutenue qu’attendu, reflet de l’incertitude politique et économique, mais le marché semble amorcer une normalisation : les taux plus élevés sont intégrés par les acheteurs et la hausse des prix redonne de la marge aux vendeurs. Malgré les incertitudes, l’immobilier continue de se maintenir, et un nouvel équilibre pourrait se dessiner dès 2026.

Mis à jour le 26 septembre 2025
