Aurons-nous tous une résidence secondaire en 2050 ?

La résidence secondaire continue de faire rêver. Maison au bord de l’Atlantique, appartement à la montagne ou petit pied-à-terre à Paris… Selon le ministère de l'Aménagement du territoire, le parc immobilier français devrait augmenter de 500 000 logements d'ici 2050, mais restera concentré chez les plus de 60 ans et les actifs avec pieds-à-terre professionnels. Décryptage.
Une demande portée par le vieillissement de la population
Aujourd'hui, on ne devient pas propriétaire d'une résidence secondaire à 25 ans. Selon l’étude « Besoins en logements à horizon 2030, 2040 et 2050 » publiée en juin 2025 par le Service des données et études statistiques (SDES), seuls 0,5 % des 20-29 ans en détiennent une. La proportion grimpe à 3,4 % chez les 40-49 ans… et près de 15 % chez les 70-89 ans.
Ce phénomène est amplifié par le vieillissement démographique. Les générations du baby-boom sont massivement entrées dans les tranches 60-79 ans, tirant la demande vers le haut.
Un autre élément nuance ce tableau : à âge égal, les plus jeunes générations possèdent moins souvent une résidence secondaire que leurs aînés. Elles perdent même du terrain chez les quinquagénaires d’aujourd’hui sont nettement moins propriétaires de leur villégiature que leurs aînés vingt ans plus tôt. Pouvoir d’achat, prix de l’immobilier, nouvelles priorités de vie, la résidence secondaire est devenue un luxe que les nouvelles générations sacrifient au profit d'autres priorités.
500 000 résidences secondaires supplémentaires d’ici 2050
Malgré ces évolutions générationnelles, les projections restent claires : le parc de résidences secondaires devrait continuer à s’agrandir, mais à un rythme décélérant. 500 000 résidences secondaires supplémentaires sont attendues d'ici 2050, soit environ 14% du parc actuel (3,6 millions en 2021 selon le SDES).
Période | Nombre de résidences secondaires créées/an |
|---|---|
D’ici 2030 | ~24 000 |
2030 à 2040 | ~18 000 |
2040 à 2050 | ~8 000 |
Jusqu’en 2040, cette hausse serait presque exclusivement portée par les propriétaires de 70 ans et plus, autrement dit par les générations arrivant à l’âge de la retraite.
Mais ce scénario n’est pas le seul envisagé. Selon les hypothèses démographiques de l’Insee, l’avenir pourrait prendre un tout autre virage. Dans un scénario de forte croissance de la population, le parc de résidences secondaires pourrait au contraire atteindre jusqu’à + 800 000 logements ! À l’inverse, si la population venait à diminuer, la hausse serait plus modérée, autour de + 300 000 résidences secondaires supplémentaires.
Une concurrence territoriale de plus en plus visible
La croissance des résidences secondaires est très inégale selon les territoires. Dans certaines régions moins dynamiques, leur présence ne crée pas de tension particulière. Mais ailleurs, la situation est plus sensible.
Où la tension est la plus forte :
- Littoral atlantique : de Royan à Menton
- Arc Bretagne–Normandie
- Pyrénées
C’est précisément dans ces zones que les besoins en logements sont déjà élevés… et que la part de résidences secondaires est importante.
Face à cette tension, une piste est évoquée par le SDES dans son rapport : mobiliser une partie du stock existant (3,6 millions de logements en 2021) pour loger des ménages à l’année.
Mais même avec un objectif ambitieux, l’impact resterait limité à l’échelle nationale. Dans certaines zones comme Bayonne, cela ne couvrirait que 10 à 20 % des nouveaux besoins, insuffisant pour résoudre la crise du logement.
Alors, serons-nous tous propriétaires d'une résidence secondaire en 2050 ? Clairement non mais son développement se poursuivra d'ici 2050. Entre rêve d'évasion et enjeu de politique du logement, elle reste un objet à part dans le paysage immobilier français.
Questions fréquentes sur les résidences secondaires
La résidence secondaire va-t-elle devenir un luxe réservé aux seniors ?
Elle restera majoritairement détenue par les plus de 60 ans, mais les pieds-à-terre professionnels ouvrent la voie à de nouveaux profils d’acheteurs.
Les résidences secondaires seront-elles limitées par la loi ?
Certaines communes mettent déjà en place des restrictions (fiscalité, autorisations, changement d’usage). Ces dispositifs devraient se renforcer dans les zones tendues.
Est-ce un bon investissement en {{year}} ?
Tout dépend de la localisation, de la fiscalité locale et de l’usage prévu. Un projet bien financé et bien situé peut rester pertinent, à condition d’être accompagné.
Puis-je emprunter pour une résidence secondaire si je suis encore en train de rembourser ma résidence principale ?
Oui, mais votre taux d'endettement global ne doit pas dépasser 35 %.
Combien coûte en moyenne une résidence secondaire ?
Selon les données Pretto, 421 000 euros en moyenne à l’été 2025.
Mis à jour le 29 janvier 2026
