Audit énergétique : pourquoi la facture explose en 2025 ?

Voilà quelques mois maintenant que l’audit énergétique est une obligation lorsque vous voulez vendre un logement classé E, F ou G, et cette mesure n’est pas sans conséquences. Depuis, le prix des DPE s'envole et il semble que la tendance ne s'inversera pas de sitôt. On vous explique.
La transition énergétique, le changement en marche
La transition énergétique est l'une des priorités du gouvernement. En octobre dernier, l’ex-Premier ministre Michel Barnier affirmait vouloir « faire plus pour lutter contre le réchauffement climatique ». Quand on sait que le secteur du bâtiment est responsable de 37% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (selon Le Monde), rien d’étonnant à ce que les efforts passent aussi par le secteur de l’immobilier.
Pour arriver à ses fins, le gouvernement a un objectif ambitieux : éradiquer les passoires thermiques d'ici 2028. Ces logements gourmands en énergie, classés F ou G, devront être rénovés pour répondre aux exigences de la loi « Climat et Résilience ». Et si les Français jouent le jeu, environ 40% du parc immobilier sera rénové d'ici 2034, selon le bureau d'études thermiques Ithaque.
Si la location des logements classés G au 1er janvier 2025 et celle des logements F en 2028 est une première étape importante, ce n’est pas la seule. La loi prévoit aussi l’obligation d’un audit énergétique pour tous les bâtiments d’habitation collective sur les deux prochaines années.
Mais voilà, ces derniers mois, son prix flambe et la situation inquiète de plus en plus de propriétaires. Kiwidiag, une plateforme qui met en relation les vendeurs avec des auditeurs certifiés, alerte déjà sur une « hausse significative des prix » à prévoir dans les mois à venir.
Qu'est-ce qui fait grimper les prix ?
En 2024, 21 368 audits ont été réalisés en France, soit 185 % de plus par rapport à l’année précédente. Si le marché de l’audit énergétique est en surchauffe, c’est parce que la demande explose, alors que l’offre peine à suivre la cadence. La faute aux nouvelles obligations qui poussent les propriétaires à se ruer sur ces diagnostics.
Mais ce n’est pas tout. Lorsque vous faites une demande de financement ou que vous déposiez les dossiers MaPrimeRénov’, il est parfois demandé de fournir ce fameux audit. Et face à cette demande, l’offre se fait rare.
Sur un an, leur nombre n’a augmenté que de 7%, en grande partie à cause d'un processus de certification de plus en plus exigeant pour les professionnels et des coûts de formation qui continuent d’augmenter. En 2023, par exemple, la formation validée coûtait en moyenne 1 560 € pour 61 heures de cours, soit une hausse de 9% par rapport à l'année précédente, selon Mon Compte Formation. Alors l’équation de l’offre et de la demande ne se fait pas prier : les délais s’allongent et les prix s’envolent.
À tel point que l’audit énergétique devient une manne pour certains auditeurs qui en profitent pour gonfler leurs tarifs. Pour éviter les méthodes peu scrupuleuses, vérifiez si le professionnel que vous voulez engager est certifié sur le site de France Rénov’ ou du Ministère de la Transition Écologique.
Alors pour "mieux repérer et mieux contrôler", Valérie Létard, ministre chargée du Logement, a dévoilé le 19 mars un plan d’action de dix mesures pour encadrer les diagnostiqueurs et fiabiliser les DPE. Qu'est-ce qui est prévu ? L'utilisation de l'intelligence artificielle pour traquer les fraudes et de QR codes pour garantir la certification des experts. Mais aussi une multiplication par quatre des contrôles et des sanctions renforcées en cas de fraudes.
Vous l’aurez compris, 2025 est l’année des audits énergétiques. Dans un marché avec une demande aussi forte, vous devez agir vite, tout en prenant le temps de comparer les offres pour limiter l’impact sur votre portefeuille.
Mis à jour le 12 novembre 2025
