Pourquoi de moins en moins de Français ont un crédit immobilier ?

Après plusieurs années de durcissement, de moins en moins de Français ont un crédit immobilier, selon l’Observatoire des crédits aux ménages. Entre contexte économique incertain, chute de la primo accession et conditions de financement moins favorables, une partie des acheteurs est ralentie dans son projet. Décryptage d’un marché qui a changé de visage.
Un accès à la propriété qui ralentit
Les Français sont aujourd’hui un peu moins nombreux à rembourser un crédit immobilier. En 2025, ils étaient 28,7 %, soit un point de moins qu’un an plus tôt, selon l’Observatoire des crédits aux ménages.
Au total, cela représente 6,9 millions de ménage*. Un niveau élevé, mais en baisse progressive depuis plusieurs années qui traduit un certain attentisme des Français face à un contexte économique et financier qui incite à attendre ou à revoir ses plans. Si les projets d’achat existent toujours, ils sont plus souvent reportés ou réajustés. De fait, la progression de la propriété immobilière ralentit et la part de propriétaires a moins augmenté au fil des décennies, particulièrement chez les jeunes générations.
Des conditions d’accès à la propriété plus contraignantes
Le recul du nombre d’emprunteurs s’explique par plusieurs évolutions récentes du marché immobilier.
D’abord, la remontée des taux entre 2022 et 2024 a réduit la capacité d’emprunt de nombreux Français. Parallèlement, les règles de crédit se sont également durcies, notamment avec un taux d’endettement limité à 35 %.
Plusieurs autres facteurs structurels entrent également en jeu :
- la hausse des prix immobiliers sur le long terme,
- une offre de logements souvent insuffisante dans les zones attractives,
- une forte concurrence entre acquéreurs qui fait partir les biens plus rapidement.
L’accès à la propriété demande aujourd’hui plus d’épargne, plus de temps et une capacité d’emprunt plus solide qu’il y a quelques années.
Un marché du crédit en phase d’ajustement
Si moins de ménages ont un crédit immobilier, cela ne signifie pas que l’intérêt pour l’achat a disparu. Ce recul traduit surtout une phase d’ajustement du marché du financement immobilier après plusieurs années de hausse rapide des taux et de durcissement des conditions de crédit.
Aujourd’hui, le marché semble entrer dans une période de stabilisation progressive. Les taux immobiliers évoluent désormais de manière plus modérée et les banques cherchent depuis plusieurs mois à relancer la production de crédits après plusieurs années de ralentissement.
Ce retour de la concurrence entre établissements bancaires se traduit par des conditions de financement un peu plus favorables, notamment pour les profils les plus solides et les primo-accédants. Pour une partie des ménages qui avaient mis leur projet en attente, cette stabilisation pourrait ainsi ouvrir à nouveau la voie à un achat immobilier.
Certes, moins de Français ont un crédit immobilier, mais la tendance est surtout liée au recul de la primo accession et au déséquilibre entre nouveaux emprunteurs et ménages terminant le remboursement de leurs crédits. Avec la stabilisation des taux, les futurs acheteurs se doivent de rester vigilants et d’optimiser leur dossier.
Questions fréquentes sur le crédit immobilier
Quelles sont les conditions pour obtenir un crédit immobilier ?
Pour accorder un prêt immobilier, les banques analysent plusieurs critères :
- la stabilité des revenus,
- le taux d’endettement (généralement limité à 35 %),
- l’apport personnel,
- la gestion des comptes bancaires,
- et le reste à vivre après remboursement du crédit.
Quel apport faut-il pour acheter un bien immobilier ?
En pratique, les banques attendent souvent un apport permettant de couvrir les frais annexes de l’achat (frais de notaire, garantie, frais de dossier). Cela représente souvent environ 10 % du prix du bien, même si certains profils solides peuvent emprunter avec un apport plus faible.
Les taux de crédit immobilier vont-ils baisser en 2026 ?
Après la forte remontée des taux entre 2022 et 2024, le marché semble entrer dans une phase de stabilisation. En 2026, les taux immobiliers restent globalement autour de 3,5 % selon la durée et les profils, avec parfois de légers ajustements à la baisse.
Mis à jour le 24 mars 2026
